Puerto Iguaçu, le mercredi 29 mai - 23ème jour

Le soleil est enfin revenu, le soleil d'automne certes mais après tant de pluie je ne boude pas mon plaisir.
Ce matin dernier jour à Puerto Iguaçu. A pied longeant la route qui quitte la ville je me rends à « Cabalgatas ecologicas por la selva » pour « louer » cheval et guide pour une balade dans la forêt.

Le jeune homme guide d'environ 18 ans souriant et causant est assis en amazone comme sur une chaise sur un cheval blanc, pas très coopérant qui tente maintes fois de lui croquer le pied. Habitué, la conversation n'en est même pas interrompue. Il m'explique qu'ici vivent les Guaranis et qu'ils mangent des Coatis, que j'ai eu l'occasion de voir « au parque nacional Iguaçu » ayant eu tous les deux peur autant l'un que l'autre de cette rencontre. "La chair de cet animal est très tendre" me dit-il en associant le geste à la parole et "celle du singe et du guépard plus dure sous la dent".

Il parle le guarani, le portugais, l'espagnol et... quelques mots de français, s'il s'en rappelle après notre balade !!
Il prend une feuille puis une autre, les plient en quatre, me fait sentir, m'explique qu'en infusion celle-ci soulage les douleurs au ventre, que celle-ci régule la tension, que cette autre, qui ressemble à des feuilles de houx, est toxique après trois feuille par litre d'eau.
Malgré mes efforts pour comprendre je ne peux parfois que dire "no intiendo !" Il tente sans aucune lassitude par d'autres mots de me faire comprendre.
Notre conversation ressemble à un cours de langues vivantes autant qu'à un cours de " science de la vie et de la nature " mais, les fesses sur la selle d'un cheval! Enfin moi, pour lui la selle est un empilement de couvertures serrées par une sangle.
Il me montre des pieds de maté, d'ananas, des mandariniers, des citronniers, détachent à nouveau des feuilles pour me faire sentir.
Je vois de loin les enfants guaranis à l'étude dans leur toute nouvelle école faite en dur. Un peu plus loin prés de leurs maisons en bois tout le village est réuni et forme un cercle. "Il y a réunion ", me dit le jeune guide.
Nous poursuivons notre chemin tranquillement, au pas. Nous croisons des enfants qui « timido » ne répondent pas à mon bonjour si ce n'est par un sourire gêné.
On croise un jeune homme dont il me dit être le guetteur du village qui protège le village , de quoi je ne sais pas. Un peu plus loin une vielle dame et une jeune fille sur une table en rondin de bois étalent la création artisanale du village. Peut-être est-ce le guetteur qui les a prévenues de mon arrivée ou un appel sur un cellulaire ;-)...
Mon guide m'explique que ça s'est fait en coco, que cette graine vient de ?...il me parle de vache, je ne comprends, n'arrive pas à voir le rapport...
Avec une sarbacane il lance une flèche dont l'extrémité postérieure est faite de plumes grises. La flèche se coince, la jeune fille pouffe.
En essayant de la libérer, elle rigole. La vieille dame dit quelque chose en guarani et tous les trois rigolent.
J'achète un grand toucan au bec orange et à la tête jaune et un bracelet fait avec de triangles en coco et de perles rouges. Elle propose un prix pour l'ensemble, j'en propose un autre manifestement trop bas, elle n'est pas d'accord. J'en propose un autre, elle hésite et dit oui de la tête.
Nous remontons sur nos chevaux respectifs, poursuivons notre chemin. D'un coup de machette il se fraye un passage. Son cheval se cabre, le mien fort heureusement ne l'imite pas. Le périple se termine. Paume contre paume, mains vers le haut nous nous disons chaleureusement « Tchauu ».

Je me dépêche l'heure du départ approche. Je récupère mes bagages . Zut pas le temps de manger. J'arrive au terminal dix minutes avant le départ. Le bus arrive, je m'installe pour à nouveau 16 heures de voyage. Ca se passera comme une deuxième lettre à la poste....